22/10/2011
CHRONIQUE CD / DIEGO IMBERT
Next Move
(Such Prod / Harmonia Mundy)
A l’instar d’illustres prédécesseurs, Diego Imbert est un contrebassiste très sollicité, apprécié qu’il est pour les qualités multiples qu’on lui connait notamment sa polyvalence et son aisance dans tous les styles. C’est également un compositeur singulier à l’univers au charme poétique remarqué dans son précédent disque A l’ombre du saule pleureur.
Pour ce nouvel opus, il réunit les mêmes musiciens, quartette sans piano, dans la ligne de prestigieux prédécesseurs tels Chet Baker/Gerry Mulligan et, plus particulièrement cette fois, Don Cherry/Gato Barbieri (le quartette de Complete Communion) au cours de ces treize plages retraçant et retranscrivant les impressions, sensations, fragrances et saveurs recueillies lors de ses voyages réels ou fantasmés.
Ce que l’on retient en premier : cette discrète et délicate respiration intérieure que la parfaite complétude des souffleurs et de la rythmique rend parfaitement au cours de la totalité du contenu mélodique introduit dans chaque composition par quelques notes ajustées du contrebassiste ; ensuite cette détermination à favoriser les unissons bugle/saxophone ténor par rapports aux solos (la sonorité aérienne d’Alex Tassel en opposition à celle charnue de David El-Malek), ce qui confère un climat où le feu couve en permanence comme dans cette sorte de poursuite (de « chase » aussi) de la plage 4 ainsi que dans l’agitation propre à la Fitth Avenue… ou bien encore cette rêverie brumeuse dans November’s Rain où les sonorités des cuivres semblent s’évanouir en un frémissant halo. La complicité Imbert/Agulhon fait (une fois de plus) merveille : alias la sonorité et le drive d’un Pierre Michelot, la tempête permanente d’un Elvin Jones.
Employons, pour résumer ce disque, un mot d’hier pour une musique d’aujourd’hui : ÉPATANT !
© Jacques Chesnel
Alexandre Tassel (bu), David El-Malek (ts), Diego Imbert (cb, comp), Franck Agulhon (dm). Enregistrement : février 2011
00:18 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
20/10/2011
À LAS VEGAS ! (GINETTE & MAURICE)
- Alors chère amie, c’est-y vous qu’a gagné le gros lot à la tirelire du loto d’hier
- Nan, car on joue pas à ce machin-là qu’est une vrai pompe à fric, oh des fois Maurice va au Casino à côté de chez nous où c’est moins cher pour les grosses commissions qu’ailleurs, d’autre fois il va à l’autre Casino où c’est plus cher car il revient toujours bredouille et raide comme passe l’assez, je crois que je vais le faire interdire de séjour d’ailleurs
- Mais je croyais que vous m’aviez dit
- On a tout suspendu un peu car on a perdu des mines et cents à tous ces attrapes-gogo, on reste aux jeux du Casino pas cher avec les remises pour les réclames, on a déjà gagné un séjour de ouikinde à Bagnoles de l’Orne pour une cure de jouvence de nos jambes avec l’Abbé Sourisse et un voyage en car à Lorient pour la fête des binious qu’on en avait marre à cause du boucan et de tout le tournis et Maurice qui voulait souffler dans leurs machins gonflés que les gars dégonflés voulaient pas ; à Bagnoles, un type qui tripotait les machines à sous à côté de Maurice a récolté un tombereau de pièces qu’il pouvait pas ramasser toutes tellement yen avait partout, Maurice était vert car c’était sur cette même machine qu’il s’était échiner pendant deux heures auparavant mais il rigolait de voir le type faire des sauts de carpe pour essayer de ramasser le pognon devant les badauds ébahis en criant putain je le crois pas je le crois pas, je le crois pas. Vous voulez-t’y un coup d’main demande Maurice et l’autre non non j’peux ramasser ça tout seul bon dieu d’bon dieu. En rentrant, il m’a avoué avoir carotté quelques grosses pièces pour se dédommager, dites donc. Et pis, on avait décidé de tout arrêter quand boum rien qu’à répondre bêtement à une question idiote au Casino pour les commissions, on gagne un voyage pour deux à j’vous donne en mille : Las Vegas, oui, là où braille la Céline Dion qu’on le croit pas mais c’est vrai, on embarque la semaine prochaine et hop, chère amie, attendez que j’reprenne mon souffle, le Maurice est fier comme les trabans il crie partout je suis l’As de Vegas à Las Vegas, sacré bonhomme
- Comment qu’vous allez l’tenir là-bas, pasque avec tous ces feux qui brillent, les filles qui aguichent ou qui affriolent en gondolant du croupion, les croupiers faux-jetons, c’est l’île de la tentation, des sensations et colle en tas de merde sans Denise Grognard en quelque sorte en plus vrai, quoi
- M’en parlez pas, j’en tremble déjà, j’en ai les poils tout hérissés, tenez, avec lui faut avoir l’œil et le bon, il est capab’ de tout d’un seul coup, de se carapater à quat’ pattes au moins, de faire le joli cœur ou un coup d’éclat pour se faire remarquer, j’en frémis déjà car il a de la ressource, je sais pas où il va chercher tout ça biscotte chez nous il est plus calme à cause du bromure dans la soupe mais il en fait déjà toute une tartine dans le pataquès et il va foutre le bordel moi j’vous l’dis que les gars du Casino vont flipper sec dans les casinos scintillants qu’on regarde à la télé de voir un grand fauve lâché dans la nature comme le gars Tarzan en string léopard dans la jungle, j’en ai la crainte et même les chocottes
- Dites, comme vous y allez un peu fort, non ?
- On n’est pas encore parti, ma chère, mais j’peux vous dire une bonne chose, c’est que si Maurice est déjà dans sa tête l’As de Vegas, c’est bien moi Ginette qui, déjà, est lasse de Vegas, très lasse.
© Jacques Chesnel
Photo : Pierre Letourneau sur le site : www.yvettedefrance.com
18:17 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (1)
17/10/2011
INTERMEZZO
UN AUTRE DAVID, AU CHOIX
Après les rois d’Israël et d’Ecosse, les peintres flamand et français, les prénoms des cinéastes, chanteurs, footballeurs, DJ et photographe, voici en plus quelques autres DAVID :
Bouillet Couillet Douillet
Fouillé Gouillet Houillé
Jouillet Kouillet Louillet
Mouillé Nouillet Pouillé
Quouillet Rouillé Souillé
Touillé Vouillet Wouillet
Xouillet Zouillet…
… somme toute, l’embarras du choix ?... un de trop, peut-être ?
© Jacques Chesnel
19:03 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (0)

