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08/05/2017

LE JOUR D’APRÈS

                                                     

Après le jour sans…

le jour d’après n’est pas forcément le jour suivant, on peut même sauter plusieurs jours d’un seul coup comme cela hop hop hope, ou bien ça redémarre fort ou bien ya du retard à l’allumage, de toute façon il reste des traces qu’on s’efforce d’ignorer, des fossés qu’on s’ingénie à combler, de la pente raffarienne à remonter (en rigolant car comme rigolo celui-là !)), quand c’est fini nini ça recommence ou c’est reparti titi mon kiki, le coup de barre a sauté, l’obstacle inconnu est levé, les vieux clichés ressortent, cette fois les feuilles des arbres tombent irrémédiablement et la cour de l’école est muette mais j’ai mémorisé les cris et les signaux alors tout est revenu comme avant, à la boulangerie ya une nouvelle qui fait la gueule enfarinée le pain n’en est que meilleur allez savoir pourquoi, j’ai des mains toutes neuves, les ongles coupés les doigts courent plus vite sur le clavier hop hop hope, avec le changement d’heure c’est aussi le renouvellement des heurts, la litanie des récriminations, les bouleversements renversants et les renversements bouleversants, farces et attrapes, soties des sots sortis du lot, sottises des mots sortis des plus sots, mon ficus benjamina a repris de la vigueur et me réconforte dans sa conformité en petit comité des plantes plus grasses les unes que les autres qui poussent sans rien demander qu’un peu d’eau comme une aumône, j’ai revu le film de Truffaut L’homme qui aimait les femmes avec l’inégalable Charles Denner, acteur que je vénère, je suis content de ne pas être le seul, ça me fait une belle jambe comme celles qui défilent dans le film mais qui ne sont pas aussi belles que celles de l’amour de ma vie, les livres de mes auteurs adulés me font de nouveaux signes, j’accours, me voilà enfin, je bois un verre avec Ernest, je danse le charleston avec Zelda sous le regard fiévreux de Scott, je déambule dans Buenos-Aires et dans Paris avec Julio, je discute de Reflets dans un œil d’or en compagnie de Carson et de Reeves, les photos des êtres aimés ont repris de belles couleurs, je vais consulter mes blogs favoris où je rencontre toujours les mêmes accros à des sujets futiles ou nécessaires, ça ergote et chipote, jugeote et parlote, on se prend tous pour quelqu’un (ou alors on essaie), d’autres pour ce qu’ils ne sont pas ou si peu ou plus du tout, c’est le jeu dans le domaine du je, avec parfois de la condescendance quand ce n’est pas de la descendance de cons, d’égos sans égaux, de fausse importance, d’importants faiseurs ou d’importuns faussaires, étalage de savoir, commérages de salon, gonflements de biceps, élucucubrations du cerveau, vitrines au vitriol ou épandage de mièvreries, je participe à tout cela sans état d’âme avec parfois mauvais esprit, j’en prends aussi plein la poire et fais le compte de mes amis hop hop hope… tiens le téléphone sonne allo oui qui ? c’est moi je ne suis pas là pour l’instant merci de rappeler plus tôt ou hier merci hihihi, j’ai envie de rire ça faisait longtemps trop, maintenant c’est Monk le grand Moine qui m’intime d’écouter Kubic’s Monk le nouveau CD du saxophoniste alto Pierrick Pédron, je jubile, le remets en boucle, un petit miracle de (re)création et de de récréation, aujourd’hui la saint Narcisse je vais aller me mirer dans la glace voir si je me reconnais depuis le temps, dehors les nuages font la course, l’un deux fait un gros pet et voilà une giboulée en goguette hop hop hope, je pense alors à Django le romanichel génial et aux soucis de sa communauté toujours persécutée quelle honte que faire ? merde, va falloir que j’achète un nouveau flacon d’Eau Sauvage, Iris s’est changée en tourterelle ça me plait autant, Bill Evans me refait le coup de Never let me go et cette fois je jubile, les fourmis sortent enfin de ma jambe gauche, toute une colonie galopante… bon c’est pas tout ça faut se remettre au boulot pasque comme dit l’autre ça commence à bien faire… mais putain que ça fait du bien de pouvoir sortir par la grande porte, enfin.

12:51 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Elle aimait bien faire la route avec Jack. Ils venaient d'arriver à El Paso. Sans un sou en poche. Ça changeait de New York. Elle voulait le suivre jusqu'au bout du rouleau. Jack ne jouait pas des métaphores. Ses mots étaient des photos. Clichés d'un autre temps. Un Easy Rider prémonitoire, sans Dennis. Avec Bird. Histoire de s'envoler. Toutes les substances étaient bonnes. Dès l'instant qu'elles ne faisaient pas que planer. Peut-être qu'il faut être un peu inconscient, se disait-elle. Pour avoir ce talent. Celui de la liberté. C'est pas vraiment comme aujourd'hui. Les instruments de bord sont aussi sophistiqués qu'aliénants. Un soir où Jack était en Bretagne, du côté de Satori, elle fila en douce rejoindre Chet. Il rejouait depuis peu. Un autre son, une autre mâchoire. Hollywood était loin derrière. Sans Gerry. Elle rêvait d'aller à Vancouver. En décapotable. En tournant les pages, elle rejoignit Chet dans sa longue nuit. Il était attachant. Sauf qu'elle savait qu'il ne fallait pas compter sur lui. Il laissait faire ses amours. Avec l'aval de ses héroïnes. Certaine nuit, par la fenêtre ouverte, elle matait. Les ruelles endormies. Les bruissements. Alors elle redescendait sur terre. Celui qu'elle attendait était en escale. Elle lui avait pourtant dit que la fin d'un amour n'est pas aussi tragique. Elle savait de quoi elle causait. Le sien l'avait quittée. Un matin. Les tuyaux n'avaient pas suffi à retenir son coeur. Alors la vie, elle la provoquait. Elle suivait la cadence des mots. S'abreuvant de moultes découvertes. Pour ne pas en rester là. Pas encore. Et celui qu'elle espérait avait les systoles en dérangement. Restait à relativiser. Et s'interdire d'aller jusqu'au bout du rouleau. Jack n'aurait pas aimé ça. Continuer d'écrire. Même si la route actuelle croise moins de témoignages captivants. De toute façon, la nostalgie, elle n'en avait cure. Elle préférait un blues. Elle a enclenché le lecteur. SRV y était présent. John Lee aussi. Chet attendra que le soir tombe. Et puis, elle se mit à relativiser. Elle ne pouvait pas avoir tout faux. Le père de Gil Scott était footballeur. Le sien aussi. Ça n'empêche pas d'avoir l'esprit qui voyage. Les racines ne prédisent pas d'une existence. Les miracles, c'est comme ces précieux silences. Ça ne s'invente pas. Ça se choisit.

Écrit par : patricia bouteiller | 08/05/2017

Quel rythme ! Votre écriture s'envole, Jacques. On dirait du jazz. Clavier à mots et tempo. Bravo !

Écrit par : christiane | 08/06/2017

Il me semble que c'est ma première fois ici? Où bien la mémoire me flanche. Une belle musique que vous avez. Merci.

Écrit par : Mylène | 25/08/2017

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