Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/07/2011

L’ÉNUCLÉAIRE (Ginette & Maurice)

         

-    Eh ben nous v’là propres avec ce truc japonais à la Foukouchimate après la tsoumanie qu’on a vu à la télé qui bouscule tout

-    On en frémit encore de cette cacastrophe que ça pourrait nous arriver chez nous avec les centrales décentralisées partout malgré les recommandations, avec la contamination par les rejetons de particules élémentaires

-    Voui, on nous cache tout, on nous dit rien, air connu et quand ça vous tombe sur le coin de la gueule comme dit Maurice sans prévenir alors là

-    Si encore y avait que ça  avec le nucléaire mais en plus les radars, le concombre, les stékachiés, la droite pas populaire et la Nadine Morano, les écocolos façon Hulot houchouaïeaïe et le reste on est mal barré que j’vous dis comme je le sens

-    Attention quand même à pas tout mélanger les torchons et les serviettes, le nucléaire c’est une question de la société pour l’avenir de la planète, tenez pour alimenter les radars routiers on pense au nucléaire pour flasher nos bagnoles qui seront contaminées, ça fait moderne pour les économies et ralentir la circulation

-    Non !

-    Mais si, déjà que ça touche toutes les parties du corps, tenez Ginette, une des copines de yoga a un fils qu’a un gros problème à l’œil : c’est le nucléaire pasque il a fallu l’énucléer rapido, alors ça vous en bouche-t-y pas un coin grave ?

-    Personne n’en ont parlé à la télé

-    Etouffé, passez muscade, circulez ya rien à voir alors que si on foutait une bonne vieille atomique énucléaire sur la gueule au gars Kadafi là-bas en Lydie on aurait déjà réglé le problème, non ?

-    Et l’affaire du gars DS K, vous allez pas insinunérer que c’est le nucléaire dans tout ça

-    Allez savoir, pensez aux ramifications avec le Effémi, le G 20, le H 21 et le J 22 v’là les cognes de la sécurité de l’internationale demain sera le genre humain, hein ?

-    Quand j’vais dire ça à Maurice pour les radars, il va plus vouloir rouler pour pas se faire énuclériser déjà qu’il veut pas porter de lunettes sans savoir pourquoi pourtant ça protège contre

-    D’autant, comme le vent, qui y aura plus de panneaux avertisseurs… heu dites-moi pas le bazar de l’hôtel de ville que ça va faire sur les routes

-    Tout ça c’est la mondialisation généralisée

-    Ah non ! vous allez pas vous mettre à vouloir remettre des frontières et des barbelés partout… et revenir au franc pendant que vous y êtes

-    Non non, j’aime pas du tout les bateaux que veut nous faire prendre la Marine avec mon mal de cœur permanent, mais les radars à l’énucléaire ça me turlupine autant sinon plus que l’histoire de l’œil

-    Ah ! vous avez aussi lu Georges Bataille que je viens de terminer, et ça vous a plu ?

-    J’ai toujours eu un p’tit faible pour les romans d’amour, ça donne du piquant dans la vie et comme ça on pense plus aux radars, déjà que je pouvais pas les voir en peinture incolore

-    Tenez, pour plus penser à tout ça, on m’a apporté une bouteille de Maury, c’est un vin doux, un p’tit coup pour nous rassurer et assurer ; on l’ouvre ?

-    C’est pas d’refus pasque moi je m’sens toute chose à cause de l’annonce de la fin du monde à Noël 2012 suivant les propositions

-    M’en parlez pas !, encore de l’énucléaire, on n’en sort pas, tout va sauter et nous avec.

705px-Explosion-atomique.jpg

©  Jacques Chesnel

photo Internet

17:51 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (1)

27/06/2011

CHRONIQUE LIVRES : KO-KO / ALAIN PAILLER

       KO-KO / ALAIN PAILLER

     Alter ego éditions / Collection Jazz Impressions

 

Koko.jpgCeux qui, comme moi, ont entendu cette composition de DUKE ELLINGTON quelques mois après la fin de la guerre en 1945 n’en sont pas encore revenus, tellement fort a été le choc. Les amateurs de Jazz en étaient restés à quelques 78 tours du Grand Duc religieusement écoutés avant ces quatre ans d’occupation où le jazz était en quarantaine, sous surveillance du pouvoir allemand, toléré à condition qu’il n’y ait aucune référence au Jazz américain noir (« nègre ») ou aux compositions écrites par des Juifs.

 Le mérite de cet ouvrage de 116 pages écrit par Alain Pailler, auteur de Plaisir d’Ellington (Actes Sud, 1998), de Duke’s place chez le même éditeur en 2002 et de La preuve par neuf (Rouge Profond 2007) est non seulement de nous remettre dans les oreilles ce chef-d’œuvre absolu, couronnement du style dit « jungle », mais aussi de nous éclairer sur de nombreux points grâce à cette étude approfondie dont la clarté et la précision sont autant d’atouts majeurs.

 Après une mise au point définitive quant à la contribution de Billy Strayhorn à l’univers ellingtonien, l’auteur nous prévient que la genèse de cette pièce (Ko-Ko) dont la structure harmonique est celle du blues… conçue à l’origine comme une pièce descriptive… traduction jazzistique de la frénésie vaudou… n’est pas facile à reconstituer. C’est pourtant ce qu’Alain Pailler va réaliser donnant moult détails impératifs sur cette pièce  comme l’histoire de l’orchestre, les discussions, apports et rapports avec ses musiciens, le lien avec l’Afrique, les spectacles dansés, le Cotton Club… tout en la replaçant dans le contexte musical de cette époque où les grands orchestres (la plupart pour la danse) font florès et l’objet de « batailles » mémorables. En complément d’une fine analyse de l’œuvre, nous suivrons grâce à l’auteur l’évolution et les différentes versions données par l’orchestre… ainsi que les appréciations et jugements de musiciens d’autres générations tels John Lewis, Charlie Mingus, Miles Davis, Don Sebesky… sans oublier la version (relecture, réapropriation) qu’enregistra  Steve Lacy à Paris en 1999. 

Le 21 août 1937 The New Yorker publiait un texte de l’auteur de Tales of the Jazz Age (1922), Francis Scott Fitzgerald : Un livre à soi.

Le 6 mars 1940 le Duke Ellington Orchestra enregistrait Ko-Ko, une musique bien à lui.

Point commun entre ces deux créateurs : le génie.

Voici donc un document essentiel sur une page de l’histoire du jazz… avec un grand H et un grand J.

                               ____________________

 

Dans la même collection Jazz Impressions, un ouvrage d’Alain Gerber, Longueur du temps, composé de longs poèmes en prose et en forme de langage musical où se mêlent souvenirs d’enfance et de voyages. Difficile d’apporter une objective appréciation  tant cela forme une aventure littéraire insolite que chaque lecteur peut partager ou pas. En ce qui me concerne, je suis passé complètement à côté ; question de respiration par le manque permanent de ponctuation ?.

 

Jacques Chesnel