15/12/2011
QUAND ON… (3)
. Quand on m’a dit va voir le film de Carné « Le jour se lève », c’était à la tombée de la nuit
. Quand on m’a dit n’avoir rien compris à « Mulholland Drive », j’étais furieux parce que moi non plus aussi
. Quand on m’a dit on va faire une échographie j’ai entendu une certaine résonance
. Quand on m’a dit c’est votre dernière ligne droite, je n’ai pas osé courir entre les lignes
. Quand on m’a dit tu as le cœur au bord des lèvres, je suis resté bouche cousue
. Quand on m’a dit on va labourer, j’ai répondu que j’étais contre les tournantes
. Quand on m’a dit cette fille te sourit j’ai voulu sortir de mon trou
. Quand on m’a annoncé la nouvelle j’ai cru que c’était la dernière
. Quand on m’a dit c’est la curée, j’ai pensé aux pauvres bonnes sœurs
. Quand on m’a dit de lire entre les lignes j’ai tout de suite compris que c’était plus simple
. Quand on m’a dit tu sais, ce type a un charme fou, j’ai aussitôt pensé aux serpents
. Quand on m’a dit attention aux serpents, je n’ai pas vu ceux qui sifflent sur nos têtes ou qui se réchauffent en nos seins
. Quand on m’a demandé si je connaissais bien Andromaque, j’ai dit que c’était dans mes racines
. Quand on m’a dit que tout cela est vain, j’ai repris un autre verre de Bordeaux en pensant à Gilberto
.Quand on m’a demandé si c’est bientôt fini, j’ai répondu qu’il fallait bien terminer.
© Jacques Chesnel
11:49 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (5)

