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12/06/2010

CONVERSATION 23

- oh! vous avez vu la Lolo Ferrari avec son voile à la télé

- oui ohlalala pour l'interviouve de Armani-et-Jade le tyran de la perce en Iran, c'est bizarre quand même

- surtout qu'on veut interdire le voile du nu intégral en France et que les femmes là-bas elles voudraient bien l'enlever que c'est obligatoire et puni de coups de fouet au derrière

- p'tête qu'il a dit aux gars de la télé, bon pas de voile sur Lolo, pas d'interviouve et que les gars ont dit bon d'accord à vos ordres chef

- attention hein, c'était un voile de classe pas à la vapeur

- avec une mèche bien blonde qui dépassait que le mec arrêtait pas de reluquer pasque pour les barbus les cheveux et les poils c'est de l'érotique, c'est pour ça qu'ils en ont partout bien visibles sur eux pour plaire aux femmes

- elle aurait dû mettre un voile du nu intégral avec une grille devant les yeux comme dans l' Affreuxquistend pasque là-bas avec les talibans c'est pas des rigolos qui transigent

- pourquoi qu'on leur balance pas une bonne vieille bombe anatomique sur le coin d'la gueule à ceux là, boum comme au vietname, allez hop en deux coups de plastic à pot hop on en parle plus du mollard Homard et la compagnie de l'Ailquidada

- oui mais à côté ya le Pasquistend et d'autres patelins qu'on connaît pas et qu'on contrôle pas du tout

- pendant ce temps c'est attentat sur attentat et nos p'tits gars qui sautent hein ?, qu'est-ce qu'on fout là-bas, c'est-y pour écouler nos armes et en reconstruire pour faire marcher le commerce et tourner les usines de nos armements, Maurice arrête pas de se poser des questionnements

- ben voui, si yavait eu la bomba en quatorze dix-huit, on aurait pu récupérer nos poilus plus vite

- vous voulez dire nos barbus comme l'autre, vous avez vu ce qu'il est tout petiot, Sarkozy à côté on dirait un géant sans ses talonettes et pourtant

- à propos y paraît que c'est plus le grand mamour-cours-toujours avec la mère Merkel qu'il arrête pas de la tripoter ma copine par-ci Angela ma copine par-là Angela que moi je s'rais Carlita je me demanderais si

- entre les deux ya pas photo, moi j'aimais mieux Cécilia elle avait du caractériel quand elle faisait la tronche, le petit bronchait pas, elle te minaudait pas le chouchou elle au moins

- tous les goûts sont dans l'immature

- j'y reviens, encore heureux qu'on lui voyait pas les seins à not' Lolo

- ça aurait pu faire un accident diplomaticaire grave pasque le gars se marre pas tous les jours j'vous dirais

- Maurice qui ne pense qu'à ça se demande ce qui ya sous le voile du nu intégral de ces bonnes femmes, il voudrait aller vérifier par lui-même le fûté

- y paraît qu'elles sont habillées et maquillées comme vous et moi, j'peux vous dire qu'elles font pas leur emplettes à Monoprix ou chez Lideul, quand elles viennent à Paris bonjour les grandes marques pas les grandes surfaces

- et pour les godasses, elles ont le droit aux hauts talons ?

- ben elles se cassent la margoulette comme les autres

- et elles ont le droit de conduire ?, pasque chez nous c'est puni par le code de la route

- on sait pas à cause de la censure et on voit rien à le télé dans les rues noires du monde tout en vert

- et en plus on dit qu'en douce elles font quand même comme nous avec nos bonshommes, et bonjour la craquette voilée

- manquerait plus qu'ça, faut bien repeuplier la natalité

- avec ou sans le voile, où ya pas de la gêne ya du plaisir comme dit Ribéry

- comme dit Maurice quand Ribéry rit Ribérygole Ribérycane Ribérygolo Ribérygide Ribérygodon Ribérypaille Ribérygoriste Ribéryquiqui et à la fin Ribéryposte mais pas avec la main lui

- bon c'est pas tout ça et si on s'faisait une petite Marie Blizzard

- allez hop, comme là-bas, à la vôtre

- tchine


©  Jacques Chesnel

 

18:59 Publié dans Mes textes | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2010

LE PARI DE JEANNE -5

 

LE PARI DE JEANNE (suite)

5/ Raoul

Raoul Robin, avocat réputé, grand orateur, fin bretteur, Bâtonnier de l'Ordre (RR ou Doublair pour les intimes ou les professionnels de la profession ou encore Double Blair pour d'autres, Robin des Bois pour le monde de la pègre) est le père de Jeanne, veuf depuis plus de dix ans de Virginie, une femme merveilleuse et tant aimée de tous, surtout de lui, veuf inconsolable et inconsolé. Petit, soignant méticuleusement mais vainement son alopécie, l'embonpoint seyant, affable, débonnaire, ne rechignant pas à raconter une bonne blague, faire un bon mot lors de banquets où il se tient mieux que bien à table, RR, amateur d'art, collectionneur, possèdant quelques Boucher, deux Goya et un Delacroix, pas d'art dit contemporain sauf un petit tableau de Nicolas de Stael acheté dans une brocante, grand lecteur détestant Proust et adulant Faulkner, aimant toute la musique classique mais allergique à Bach sauf interprété par Glenn Gould, n'avait pas accepté le mariage de sa fille avec Franck qu'il prenait pour un artiste de seconde zone, un parvenu que la communication complaisante et l'affairisme avait porté au pinacle (presse spécialisée, chaînes de télé) bref, un connard tout simplement, affirmait-il dans le privé. Il appréciait encore moins sa liaison avec ce Louis, cet homosexuel ayant trempé un temps dans des affaires de détournements de mineurs, un comble pour ce magistrat  sans reproches et bien-pensant qu'il prétendait être, à juste titre pensait-il. Lors du divorce de Jeanne, il avait œuvré pour que sa fille en sorte avec le maximum d'avantages financiers, la mettant ainsi à l'abri des intentions présumées malfaisantes de son gendre honni et des malversations présumées de son amant honni autant. Et voilà bientôt quatre mois que Robin des Bois n'avait plus de nouvelles, depuis qu'elle s'était entichée de ce Louis jusqu'à se mettre en ménage comme on disait naguère, il en fulminait...

Désemparé, un comble pour un homme comme lui, il ne savait que faire ni où se tourner pour demander avis ou conseil devant un cas inhabituel pour lui. Il tournait en rond dans sa carrée, fumait pipe sur pipe avec l'envie pressante de s'en faire tailler une pour l'hygiène, il avait des fourmis dans les mains tout en trépignant sottement, bref, il ne se reconnaissait plus, un comble, lui si calme, pondéré, maître de lui, quelque chose d'inconnu, une sorte de changement involontaire, allait-il devenir incontrôlable, le comble pour un con, pensait-il. Il appela son assistante ; lorsque Armelle entra, il avait déjà baissé son pantalon jusqu'au chevilles avant qu'elle s'agenouille.  Le téléphone se mit à sonner. "Nom d'une pipe", éructa-t-il en repoussant doucement Armelle et se rajustant vite fait.

C'etait Jeanne. Il avait du mal à reconnaître sa voix hésitante, hachée, saccadée, entrecoupée de sanglots, ce bruit non identifiable en arrière-plan, Papa je, quoi ? Papaaaa, coupure, rappel, Papa je ne sais pas je ne sais plus, j'arrive Jeanne où es-tu, je... terminé... plus rien. Doublair, affolé, s'aperçut qu'il n'avait plus son numéro de portable, elle avait appelé d'une cabine ? ou d'un café ?, celui où Vincent Lindon était barman ? il pensa rappeler Eric qu'il avait défendu quand, ado paumé, il avait été embarqué dans un braquage de banque avec prise d'otages, quel était le nom de ce café-bar-tabac, Armelle lui souffla Le Darrigade là où se réunissent les amateurs de vélo le dimanche matin. Raoul regarda la photo de Virginie sur son bureau, revit le visage de Jeanne identique à celle de la disparue, cette ressemblance trait pour trait, expression pour expression, caractère semblable, difficile parfois, exaspérant souvent, Jeanne, ma fille on ne se refait pas tu sais.

Il se souvenait de son enfance fut difficile, son adolecence pire, ses problèmes réels, supposés, inventés, ses engagements q'il ne comprenait pas, mais malgré tout cela, une fraîcheur, une générosité, une disponibilté, un élan vers les autres, ses contradictions, en un mot un amour de fille. Il pensa tout d'un coup à cette phrase de Faulkner lue et qu'il avait soulignée dans une de ses nouvelles on n'aime pas parce que mais malgré ; pas pour les qualités, mais malgré les défauts...

Oui, c'était cela avec Jeanne, il n'avait jamais su quoi faire et s'interrogeait, avait-il été un bon père, que lui reprochait-elle, comment le savoir, question qui l'obsédait, le passé dont on ne peut faire table rase et dont des faits qu'on croyait oubliés depuis si longtemps vous sautent à la figure, vous prennent à la gorge subitement. Et maintenant, tout de suite, que faire ?. Sans nouvelles depuis plus de trois mois calculait-il, se souvenant du dernier accrochage/décrochage/dérapage qui avait pu laisser des traces de part et d'autre, des séquelles irrémédiables, Raoul, entre deux préparations de plaidoirie envahissante, se décida à appeler sa fille sans grand espoir de réponse. Il récidiva plusieurs fois, toujours occupé, absence de réseau, laissez votre message, pfffuittt... il y a longtemps qu'il ne disait plus merde mais il le pensait, fort, merde et remerde.


...(à suivre)


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07/06/2010

UN FILM

le jour se lève...

le point du jour, le règne du jour, les démons de l'aube, la ronde à l'aube, à chaque aube je meurs, cela s'appelle l'aurore, contre toute attente, quartier sans soleil, les affranchis, le bal des vauriens, la valse des truands, au royaume des crapules, affreux sales et méchants, querelle, les assassins sont parmi nous, nous sommes tous des assassins, haute pègre, l'emprise du crime, le démon des armes, règlement de compte, la règle du jeu, haines, la horde sauvage, la cité des dangers, main basse sur la ville, rendez-vous avec la peur, face au crime, forfaiture, le fond de l'air est rouge, le cri de terreur, le refroidisseur de dames, les mauvaises rencontres, les visiteurs du soir, la nuit de la vengeance, crime passionnel, graine de violence, la soif du mal, descente aux enfers, plus dure sera la chute, ici commence l'enfer, l'ange exterminateur, répulsion, un après-midi de chien, le faux coupable, l'homme qui en savait trop, les tueurs dans la ville, je suis un évadé, le démon s'évade la nuit, l'homme aux abois, les flics aux trousses, la mort aux trousses, en quatrième vitesse, la grande vadrouille, la poursuite dans la rue, la poursuite impitoyable, mortelle randonnée, panique dans la rue, que la bête meure, le carrefour de la mort, l'inspecteur ne renonce jamais, soupçons, les flics ne dorment pas la nuit, les ripoux, ronde de nuit, les forbans de la nuit, dans la gueule du loup, rue sans issue, les ruelles du malheur, la souricière, péril en la demeure, l'impasse tragique, panique, l'homme perdu, l'introuvable, le troisième homme, délit de fuite, le tournant décisif, ne vous retournez pas, la chute d'un caïd, plus dure sera la chute, vers sa destinée, l'inexorable enquête, le seul témoin, l'ombre d'un doute, l'incroyable évasion, un homme marche dans la ville, le témoin doit être assasiné, j'ai engagé un tueur, pacte avec un tueur, sans pitié, le prix d'un homme, celui qui doit mourir, une balle signée x, crime sans chatiment, un meutre sans importance, une sale histoire, sans lendemain, la foule hurle, un cri dans la nuit, hors d'atteinte, passage secret, le refuge, les clameurs se sont tues, quand la ville dort, la ville gronde, angoisse dans la nuit, au cœur de la nuit, éclair de lune, la lumière d'en face,  dans la chaleur de la nuit, les amants de la nuit, j'ai pas sommeil, une heure près de toi, un si doux visage, regards et sourires, la fièvre au corps, le plaisir, désirs humains, le grand frisson, la fureur de vivre, torrents d'amour, la nuit nous appartient, la dernière nuit, étreintes brisées, le grand sommeil, le temps s'est arrêté, le monde du silence, nous nous sommes tant aimés, une passion, l'heure des adieux, le bonheur est pour demain, la ligne du destin, adieu ma jolie...

... autour de minuit.

- les titres des films étrangers sont donnés dans leur traduction française par les distributeurs ; exemple: Le prix d'un homme / This sporting life ; Quand la ville dort / Asphalt Jungle


© Jacques Chesnel  (6 juin 2010)




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