27.05.2008

Madeleine et Madelaine

Comme d’habitude à la fin du repas animé, nous partîmes tous au salon bien chauffé par les bûches dans l’immense cheminée car il faisait déjà trop frais sur la terrasse en cette fin d’été. Bruits divers, bouteilles, verres, cendriers, léger brouhaha, silence ensuite, tout le monde est installé, on se regarde, se sourit, se… la nuit peut donc commencer…

Inévitablement, quelqu’un, un nouveau dans la joyeuse bande ou un habitué je ne sais plus, s’hasarda sur Proust, ah non non et non, pas lui, pas encore, y en a marre, tollé… bon alors et sa madeleine, avançais-je… bof…  Proust en avait une, moi j’en ai deux, une avec deux E, l’autre avec deux A… ah bon ?...

Madeleine, quarante ans, asthmatique grave, était mariée avec Raymond, gazé sérieux en 17, c’était une cousine germaine, j’avais dix ans quand je suis tombé amoureux d’elle, enfin un amour de gamin tout naturellement ; ils tenaient une ferme dans un petit bourg de l’ouest normand. Ce fut pendant les vacances d’été que tout a commencé quand les parents nous confièrent mon frère et moi à ce couple pendant trois semaines, mes premières plus belles vacances… En plus de ma période mystique (je voulais être prêtre et jouais à dire sérieusement les offices en chasuble avec le frangin qui prenait des beignes en qualité d’enfant de chœur indiscipliné), j’avouais une autre passion… pour les vaches de la ferme… ah ma belle brunette normande, la tendresse humaine de ton regard et ton souffle chaud sur mes mains caressantes ; j’aimais bien conduire le troupeau aux herbages et le raccompagner à l’étable, sans coup de bâton, rien qu’à la voix… oh, oh là hoo… on faisait les foins aussi, perchés haut sur les charrettes remplies ras bord, fiers comme deux Artaban des villes, et ces glissades ensuite…

L’odeur du pain grillé nous accueillait le matin et, surtout, le gentil sourire et le halètement inquiétant de Madeleine toujours en blouse fleurie de petites marguerites que l’on comptait dans son dos pour la taquiner qu’y sont malicieux mes garçons (elle n’avait pu avoir d’enfant), çavati té mon Paulo, çavati té mon Jâââcquot arrgh ffh, alors et cette bonne nuit, hein, arrrgh ffffhh… le bol de chocolat est prêt le beurre de ce matin est sur la table pour mes petits… et ce carillon qui sonne tous les quarts d’heure au début c’est insupportable mais quand il  s’arrête ça nous manque, se laver maintenant dans l’arrière-cuisine en pompant dur l’eau à la main dans le broc sous la réclame des outils et nouvelles machines agricoles Alfa-Laval rutilantes d’un rouge vif présentées par une dame un peu dévêtue de la poitrine, ah ça alors… allez vite à la messe dans le jardin, une baffe à mon enfant de chœur et hop à l’étable, puis aux champs…belle journée en perspective…

Bon, tes souvenirs d’enfance, c’est bien, plutôt banal, non ?... à part la messe… hihihi…

Raymond prit un air mystérieux de vieux roublard à qui on ne la fait pas et nous emmena devant la porte d’une grange fermée à double tour… bouches bées, nous contemplâmes une vieille guimbarde Renault décapotable décapotée et fort défraîchie qu’il nous présenta comme son taxi de la Marne , son trophée de guerre, sa Rolls des campagnes… le démarrage fut poussif, toussoteux, pétaradant, enfumé et puant, mais se pavaner ensuite dans le village comme des Artaban de campagne quel plaisir, et ces envieux devant la merveille, seule automobile du village à cette époque…

Cela dura un petit mois et prit fin quand dans les champs sous un soleil comme il n’en existe plus guère aujourd’hui apparurent deux silhouettes en habits noirs du dimanche, nos parents, qui se précipitèrent sur nous en pleurant, nous aussi, Madeleine aussi, pas Raymond ému quand même les yeux rougis... le lendemain, nous apprenions le drame, la raison de tous ces sanglots… la perte d’un petit frère mort-né… les vacances étaient terminées…

Rentrés, nous avions la permission d’aller au stade-vélodrome où tous les dimanches il se passait quelque chose de passionnant, ah ces Harlem globe-trotters qui cachaient le ballon de basket sous leur maillots en prenant des airs étonnés en regardant le ciel, et au foot, t’as vu le dribble de Kopa, et cet arrêt de René Vignal le Serge Lifar du ballon rond… mais celui qu’on préférait parmi nos préférés, c’était un coureur cycliste sur piste, Madelaine, on n’a jamais su son prénom on a jamais voulu savoir il n’y avait que la première lettre un R (Raymond ?), une belle gueule bronzée sous son casque en bourrelets de cuir à la Robic avec son vélo flambant neuf en alu, une selle pointue en vrai cuir et des cale-pieds réglables, le guidon sport enroulé avec du chatterton, le super luxe quoi… et puis c’était lui le plus fort, il était imbattable, en sprint, en poursuite, en américaine, par élimination, invaincu en vitesse pure, roi du ralenti, seigneur du plongeon du haut de la piste vers le bord en dangereux piqué vlouf … il nous faisait quelques fois un petit signe de la main, il nous avait repéré on criait les plus forts vas-y Madelaine vas-y Madelaine, notre pistard à nous… un jour il y eut un championnat avec des grosses primes annoncées au micro par le spiqueur, il avait mis un nouveau maillot, un rouge avec une barre verticale jaune son dossard avait le numéro 7, c’était lui le plus beau, le plus fort, oui, il gagna la course la plus belle, la plus richement dotée, un réfrigérateur Machin…

Le jour de la victoire de notre coureur favori, nous apprenions en rentrant à la maison la mort de Madeleine, elle n’en pouvait plus de son asthme, elle s’était ouvert les veines dans sa baignoire… nous ne retournâmes jamais à la ferme ni au vélodrome, on ne revit jamais Madelaine, celui avec deux a… et ne plus me parler de Madeleine…

Tiens donc, pourquoi ce long silence… vous partez tous vous coucher maintenant !.

©  Jacques Chesnel  (Jours heureux à Belavit)

23.05.2008

RUGBY, MY DEAR

(à Michel Delorme)

Nous étions tous les trois venus de régions différentes, Alan breton bretonnant,  Antoine albigeois de souche et moi Ahmed pur beur de Normandie, pour suivre nos études à l’école supérieure de journalisme à Lille ; après un round d’observation partagée nous étions devenus copains comme cochon suivant l’expression consacrée. Chacun y allait de son pays critiquant ou glorifiant, le plus virulent étant le cathare qui ne chômait pas sur le sport régional, le rugby, un art de vivre se plaisait-il à dire citant Jean Giraudoux, Mac Orlan, Antoine Blondin, Samuel Beckett et évoquant sourire au coin des lèvres les valeurs de ce sport de voyous joué par des gentlemen comme on dit depuis toujours et non l’inverse hein… les hommes de l’ouest que nous sommes en apprirent tellement au cours de nos soirées que nous devînmes incollables sur les règles, les joueurs mythiques, les grandes équipes, le rugby britannique, les relations entre joueurs, les coach et préparateurs, les troisièmes mi-temps, tout sur ce sport de combat que d’aucuns pratiquent comme une religion cong… Comme à Lille le rugby est une langue étrangère on se rabattait sur la télé on avait trouvé un bistro sympa avec le patron total fan et canal +, hors saison on passait des cassettes vidéo de matches enregistrés ; alors je peux vous dire qu’on en savait un maximum surtout sur les joueurs de ces cinquante dernières années : Serge Blanco, Jean-Pierre Rives dit Casque d’Or, Philippe Sella, Castaignède dit le petit Mozart de l’Ovalie, les Blacks avec Jonah Lomou et le fameux et terrifiant haka, les anglais nos meilleurs ennemis avec Jonny Wilkinson, les irlandais et leur fighting spirit et Ronan O’Gara, chez nous les gars de Toulouse et du Stade Français ou de Biarritz et Clermont, Vincent Clerc et sa pointe de vitesse, les virevoltes de Cédric Heymans, les percées de Poitrenaud  l’arrière, les placages de Serge Betsen, les coups de pied à suivre et les drops de Juan Martin Hernandez et d’Elissalde, Jauzion, Skrela, Damien Traille, Emanol Harinordoqui, Yachvili, les courses folles de Rougerie, celles de Dominici, la furia de Vermeulen l’Elvis du ballon ovale, on pourrait vous citer des pages et des pages, vous raconter les vestiaires et les après matches mais bon… on avait acheté en commun le Dictionnaire amoureux du rugby de Daniel Herrero le poète au bandeau rouge, lu Lacouture et Tillinac, je crois bien qu’on était devenu un peu fou à tel point que nous avions complètement changé les suites à donner après la fin des études, Alan ne voulait plus essayer d’entrer à Libération, ni moi au Monde diplomatique, Antoine voulait plus que jamais écrire pour Midi Olympique, bref nous voulions tous les trois devenir chroniqueurs sportifs spécialisés, c’était bien parti… De mon côté, je les avais initié au jazz, les grands musiciens, mes favoris et deux fois par semaine, je leur faisais écouter mes CD favoris et je les avais convaincu sur Coltrane, Miles Davis, Mingus et Monk que nous vénérions tous les trois.

Alan nous présenta un soir une créature de rêve rencontrée à  Carhaix bénévole au festival des Vieilles Charrues et qui travaillait à Lille dans une boutique de mode ; elle s’intégra rapidement au trio ; nous étions naturellement admiratif et jaloux du succès de notre copain ; Manon, ah ! son prénom, s’était découvert une passion pour le chant et suivait des cours du soir au conservatoire, elle commença à nous parler des chanteuses qu’elle aimait, des musiciens qu’elle admirait et pendant ce temps on oubliait le rugby oh pour un temps parce que… Alan nous invita un soir dans une petite boîte de nuit où des amateurs se produisaient et nous vîmes avec stupéfaction notre Manon monter sur scène s’emparer du micro, se tourner vers le pianiste et annoncer sa chanson : du grand compositeur et pianiste Thelonious Monk je vais vous chanter RUGBY, MY DEAR… elle avait adapté de nouvelles paroles sur la géniale mélodie ; on en resta pétrifié, bien sûr, on applaudit à tout rompre avant et surtout après sa prestation plus qu’honorable et lorsqu’elle revînt elle nous confia : depuis le temps que je vous entends parler de rugby, il fallait bien que je vous fasse un petit signe à ma façon…

Bien entendu, cette fameuse composition de Monk était devenue notre hymne, il ne nous a jamais quitté et quand on y repense maintenant tous les trois dans nos métiers respectifs, Antoine au Midi Olympique, Alan éleveur de porcs dans sa Bretagne et moi cadre dans une entreprise de travaux publics (le pont de Normandie, autrement dit le viaduc de Millet, c’est moi !) cela nous émeut toujours, je le sais, ils me l’ont dit ; surtout moi et quand je réécoute Ruby, My Dear pour la millième fois, je n’oublie jamais d’embrasser très fort Manon, devenue mon épouse… pour son si beau cadeau… avec ce G, en trop.

©  Jacques Chesnel

13.05.2008

LE DOIGT

Allez savoir pourquoi… ce matin oui ce matin-là précisément Jean-Claude réveillé de mauvais poil mais encore tout endormi se dirigea vers sa chaîne hi-fi l’alluma puis avec son bras droit sa main droite posa son doigt majeur droit sur ce CD précis presque machinalement ou pas allez savoir pourquoi Miles Davis pourquoi Someday My Prince Will Come et tout aussi machinalement appuie sur la plage 6 I Thought About You sans penser à rien ou si peu Jean-Claude le petit déjeuner est prêt j’arrive voilà voilà dans la cuisine elle fait la gueule plus que d’habitude renfrognée l’air des mauvais jours allez savoir pourquoi tu ne prends pas de jus d’orange si ça va ? Jean-Claude il faut quoi ? il faut que je te dise et dans la pièce à côté la trompette de Miles si tendre et écorchée que je pars tu pars ? je pars camarade je te quitte je n’en peux plus il y a trop de mauvaises choses entre nous quoi quoi par exemple attends je suis encore dans le cirage Jean-Claude tu sais bien tu vois bien que ça ne peux pas durer tous ces prénoms que tu ânonnes marmonnes bredouilles bafouilles avec des aaah langoureux des ooooh voluptueux dans ton sommeil tes Ella Dinah Sarah Nina Anita Aretha Cassandra Patricia ou encore Billie Blossom Carmen Shirley le plus exaspérant cette Diana tu me tripotes en murmurant Dianaaaah moi c’est Mathilde MATHILDEU bordel qu’est-ce qu’elles ont de plus que moi toutes ces pétasses et ces chansons que tu passes en boucle ces balades comme tu dis j’ai envie de tout envoyer balader de leur péter la tronche tu me prends pour qui mais Mathilde ah il se souvient de mon prénom il est temps je suis vivante moi Jean-Claude je sais je ne chante pas tu veux que je chantes tiens non rien de rien je ne regrette rien (elle chante) tu n’aimes pas Edith tu dis pas Edith oooooh je regrette tout Jean-Claude surtout ce jazz quand il n’est pas bop il est frit quand il n’est pas niou machin ou à l’ouest n’importe il est quoi ce que je ne supporte plus ce sont ces prénoms dans mon lit mais ce sont des prénoms de chanteuses Mathilde de grandes chanteuses je m’en fous Jean-Claude est-ce que je braille moi des Julien des Charles Christophe Johnny Eddy Florent non pas lui et Etienne Raphaël les deux Alain ça te plairait d’entendre aaaaaaah Laurent oooooh mmmmm Michel celui qui chante pour un flirt hein le disque s’est arrêté il n’y a plus de musique je n’entends plus que Mathilde qui hurle pour un flirt avec moâ en se précipitant vers la salle de bains avec la porte bang et les pleurs de l’autre côté pour un flirt demain cela devrait aller mieux faudrait que je me contrôle mais comment faire en tous cas me dis-je sentencieux faut pas mettre son doigt n’importe où quand on est dans le coltard et si j’avais choisi au hasard Un Jour Mon Prince Viendra est-ce que tout cela serait arrivé vous n’êtes pas obligé de me croire… mais je me demande quand même si…

©  Jacques Chesnel

 

06.05.2008

L’INTRUS

Cette année-là le petit nouveau de la bande des joyeux convives de l’été à Belavit nous bassina pendant des heures interminables avec son auteur favori dont il semblait connaître l’œuvre mieux que l’auteur lui-même sans doute : le grand Will, non pas Shakespeare, l’autre William, Faulkner, le grand Bill… enfin si on peut dire grand quand on mesure un mètre soixante et encore… Le petit nouveau, beau brin de garçon bronzé genre James Dean tendance Chet Baker celui des années 50, souriant-avenant-prévenant avait tout pour plaire aux dames et messieurs pas pour les mêmes raisons quoique… Sitôt débarqué donc, le voilà avec son héros qu’il nous présente sur toutes les coutures et son œuvre par ci et sa vie par là, apparemment grand connaisseur avec forces détails et anecdotes que même les plus amateurs et il y en avait deux ou trois hochèrent et opinèrent du chef et du reste… on n’échappa pas au bruit et à la fureur qui semblait avoir ses préférences surtout pour une dénommée Caddy , aux turpitudes de la pauvre Temple et de son bourreau l’infâme Popeye qu’on en avait les yeux qui sortaient de la tête, les péripéties du voyage d’une morte, la crue d’un fleuve, les colères d’un colonel, des histoires de familles, les Sartoris, Snopes et autres McCaslin, la cousine Rosa, l’avocat Benbow… de paysans, des meurtres, des larrons, des larcins, tout ce qui se passe dans le comté imaginaire de Yoknapatawpha… et de nous conter ma foi fort bien par le menu tout le contenu des livres qu’il disait avoir lu et relu au moins trois fois dans l’ordre dans la collection de la Pléiade quel boulot mais quelle plaisir de la redécouverte affirmait-il tout sourire, tenez dans… c’était parti…

Nous nous connaissions tous ou presque depuis quelques années et se retrouver chez nos chers Florine et Axel était un moment délicieux pour un séjour plus ou moins long qui ne l’était pas moins… c’était la première fois que Beaubrin comme nous l’appelâmes venait à Belavit et sa présence bien que nous ne soyons pas tous des vieillards loin de là apportait un petit coup de jeune qui ne laissait personne insensible surtout du côté des dames…

Alors là on en appris sur le William, ses amours (ah ! Meta Carpenter) et ses cuites, son amour du cheval et du Jack Daniels ou l’inverse, ses rapports avec les Noirs, puis sur Hollywood et son petit monde de producteurs plutôt moches genre derniers nababs, de secrétaires affolantes et incapables sauf de… bon… tout cela raconté de fort belle façon devant un auditoire captivé au début et il nous casse les couilles trois jours après et on s’en fout de son pochtron libidineux et du reste dirent quelques énervés alors que d’autres un peu moins nombreux semblaient toujours aussi fascinés… lui souriait toujours…

Dites jeune homme, racontez-nous alors votre approche de l’écrivain, est-ce l’histoire ou sa façon de la raconter qui vous subjugue le plus, et cette complexité de lecture, la démesure, la notion de temporalité, le, la… et (ultime question)  vous devez bien avoir un livre favori, réponse de Beaubrin : bien sûr, L’intrus… et aussitôt d’embrayer sur l’histoire, sur le personnage principal, le Noir Lucas Beauchamp, le lynchage… vous savez le titre original est « Intruder in the dust, L’intrus dans la poussière » ajouta-t-il en grattant ses pieds comme démonsration… 

Au bout du quatrième jour, après son départ aussi inattendu que son arrivée, un invité, un pilier de la bande, un de ceux qu’on retrouvait toujours avec plaisir tous les ans demanda à notre divine hôtesse :

mais dis nous c’est qui ce mec ?... ben je crois que c’est le fils d’une amie de ma meilleure amie, tu sais la blonde ricaneuse et dragueuse, il a débarqué un beau matin au p’tit dèj comme dans Théorème, a dit bonjour simplement, s’est assis à table avec nous, s’est servi un café, on lui a seulement demandé son prénom dont personne ne s’est souvenu, Guillaume je crois, il connaissait parfaitement ceux de chacun d’entre nous, il a ri nous aussi … on ne s’est pas posé de question, il était venu à pied sans bagage sans rien, il a aussitôt commencé à parler de son écrivain de prédilection avec tellement de conviction, de chaleur qu’on en restait bouche bée devant tant de passion… il était si sympa, non ? hein ?...et tant pis si personne ne semblait  savoir qui il était d’où il venait…
au fait,  tu le connaissais, toi ?...
qui ça ? FAULKNER ?

©  Jacques Chesnel  (Jours heureux à Belavit)

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