24.02.2009

LA PORTION INCONGRUE

( hommage à Raymond Devos )

 

Papa dit qu’il trouvait la mer vraiment belle comme d’ailleurs la mère qui quasi nue dans son maillot de bain attendant près d’une grosse dame qu’elle soit revenue pour se mettre à l’eau qui paraît-il était bonne ce jour-là mais un peu agitée car elle avait de qui tenir.

Allo allo disait un type dans une cabine téléphonique et publique puisque ouverte à tous les vents à l’eau à l’eau braillait mon père en donnant des claques paf paf sur ce qu’il appelait les avantages de la mère qui ne voulait s’y couler dedans que quand elle serait revenue avec la marée ainsi que le disait la grosse dame qui ne se baignait pas car c’était la première fois qu’à son âge elle la voyait autrement qu’en carte postale et en noir et blanc parfois coloriée pour les vagues ; le type continuait à alloter comme un sourd Papa à claquer tout pareil le postérieur de la mère qui regardait l’eau revenant à son grand émoi et à son point de départ… et moi pendant ce temps je louchais vers le marchand de glaces installé pas si bête devant l’entrée du Casino qu’était en glace parce que Papa m’en avait promis une pendant qu’il forçait la mère à y aller franco et à reculons plus la mer revenait plus Papa claquait paf paf parfois loupé puf sur les avantages de Maman qui reculait faisant mine de peur il a envie de vous y voir dans l’eau disait d’emblée la grosse pendant que l’autre dans la cabine faisait toujours ses allo allo parlant fort comme vous et moi avec une main devant où qu’on parle pour pas qu’on écoute quand même… c’est que moi aussi c’est la première fois dit la mère en tortillant de ses protubérances pour éviter la main de Papa qui têtu claquait alors dans le vide en rigolant ce qui le fatiguait quand l’eau toucha la Maman elle dit en frissonnant hou elle est de glace alors je me précipitais vers Papa pour lui demander mes cinq francs en lui montrant le casino auquel il manquait une lettre on lisait Cas no tout en prenant la claque à la place de la mère bing je hurlais pour alerter Maman dans l’eau jusqu’aux chevilles poussant ses petits cris d’or frais parce qu’elle était si froide de la vraie glace et moi que je voulais la mienne car j’avais été sage dans le car malgré mes hauts le cœur comme promis… le type avec son air de ne pas en avoir faisait des signes chut chut parce que je gueulais comme le goret qu’on égorge pour que la mère elle entende bien en émiettant des houhouhou qu’elle est froââââde et le père avait enlevé ses godasses et chaussettes retroussant ses pantalons tâtait la mer du grosorteil qui revenait jusqu’à la grosse bonne femme quittant son pliant pour ne pas sentir l’eau tais-toi imbécile entonna Papa à mon edgard plusieurs fois et que l’olibrius qu’était dans la cabine publique jusqu’à côté de la nôtre qu’on avait louée pour la journée gesticulait avec de drôles de gestes le bras plié au milieu et l’autre tapant au milieu que c’en était un vrai bras d’horreur comme Papa le faisait souvent sur son tracteur à un salopard de 75 de parigot… le père s’égosillait de me taire tirant la mère la bretelle du maillot partie haute pour qu’elle aille pas trop loin la mer étant revenue ou presque disant qu’elle était un peu trop grosse et qu’elle ne savait pas bien nager… il vit le type qui beuglait toujours alloallo et tout avec ses gestes il dit bougre de saligaud de 75 tu perds rien pour attendre et moi qu’attendais toujours mes yeux orientés vers la porte en glace du Cas no où se tenait le marchand avec son stand marqué Lopez en gros LOPEZ GLACES en lettres vert millon et décorées de cornets et marrons en gros itou pour l’hiver aujourd’hui c’est les glaces qui marchent… le type lâcha l’écouteur qui tournicota au bout du fil et plouf la mère tomba dans la flotte avec un grand cri car Papa en se démenant face au 75 avait fait craquer la bretelle des avantages que Maman prenait à deux mains en suffocant avec des petits cris moins forts que ceux de Papa continuant ses tu vas voir au parigot qui remettait une pièce pendant que la dame me donnait mes cinq francs pour me taire et que je la trouve moins grosse pour promener son petit clébard parce qu’ils sont interdits sur la plage et que les gardes arrivaient à cause des cris ils avaient tout vu à la jumelle qu’étaient deux réglementaires marqués CRS sur le maillot bleublancrouge et le slip aussi… la mère était à genoux à deux mains sur ses avantages criant que si elle avait peur c’est parce qu’elle se trouvait trop grosse enfin un peu trop et que les vagues allaient saler sa misenplis toute neuve les gardes accouraient le chien tirait sur sa laisse en direction ô bonheur des glaces de Lopez les maillots CRS entendirent alors les alloallo du 75 et le père qui montrait maman à genoux dans l’eau sans son bout de tissu à fleurs qu’elle avait perdu à cause de cette foutue mer et de Papa les deux types très courageux plongèrent croyant la mère se sentant pas bien avec ses avantages à l’air libre qu’étaient interdits sur la plage avec les chiens même tenus en laisse et que celui de la pas si grosse dame aboyait après le 75 qui criait plus fort que papa qu’il avait loupé son train de sa faute alors Papa s’arrêta de faire la nique au gars et dit aux deux marqués CRS que c’était pour de rire qu’elle savait un peu barboter malgré le drapeau rouge que le car était dans une demi-heure mais qu’on avait nos billets… les maillots firent stop et repartir en arrière comme à la télé et dirent à Papa ça va vous coûter un max alors que telle Vénus sortant de l’ombre Maman arrivait en sautillant avec ses avantages à travers ses mains qui débordaient… Papa piteux car il ne savait pas ce qu’était un max dit ben alors si on pouvait plus rigoler et avec sa légitime en plus que tout ça c’était à cause du bitenique celui de la cabine publique d’à côté qui refaisait mine de rien son geste à Papa pendant que les deux maillots biglaient la mère rentrant dans notre cabine en tortillant encore plus de ses avantages que c’est pas tous les jours qu’on rencontre de ces types si bronzés qu’on dirait des réclames comme dans Jours de France dans la salle d’attente de notre dentiste… alors Papa cria salaud les deux types sursautèrent raides comme à la parade croyant qu’il avait vu leurs manigances et leurs yeux lubriques sur les avantages de la mère qui fermait la porte un brin flattée tout de même… la dame appelait son clebs et moi à l’autre bout car elle quittait son pliant trouvant que ça sentait le roussi ou le poulet ou les deux le chien partant au galop et je lâche tout c’est le moment ou jamais pour ma glace où qu’y avait personne justement qu’est-ce qui vous arrive Monsieur on vient pour sauver votre petite dame d’une mort affreuse et c’est comme ça qu’on nous remercie non non dit Papa pas fier c’est l’autre là-bas çui de la cabine avec ses alloallo ses gestes et ses manies et tout les maillots ne virent personne le gus avait filé car il avait loupé son train et qu’il avait plus de monnaie pour l’appareil… c’est le moment que malin Papa choisit pour s’apercevoir de mon absence et de gueuler tout en tournant dans tous les sens que j’étais disparu sûrement enlevé par ce type avec sa barbe comme ils en on tous les jeunes qui ne veulent plus rien foutre et les maillots dirent oui c’est bien vrai plus aucun ne veulent saluer le drapeau que c’en est la faute du hache que fument ces poilus de Lorient et la mère qui ressort de la cabine avec ses cheveux qui dégoulinent sur la robe du dimanche qui met Papa dans tous es états par rapport aux avantages qu’y dit…

quioioioioi dit-elle sur un ton qui ne manquait pas d’air ON A ENLEVÉ NOT’ GAMIN  et de se mettre à rameuter tout le quartier car c’était maintenant l’heure du car et le dernier justement dans cinq minutes moi chez Lopez j’avais pris la plus grosse de la fraise et du vert qui débordait du cornet en plastoc et je voyais planqué dans l’entrée en glace de casino qu’avait retrouvé son i à l’intérieur une affiche du ciné  qui jouait le dernier tango à Paris  avec une queue de cinquante espectateurs tous des hommes ou presque avec deux femmes qui disaient que c’était parce qu’elles aimaient beaucoup la danse et leurs maris aussi la langue en mettait un sacré coup sur la glace et la mère au loin avec une bouche ouverte comme un porte de grange à foin et tournicotant pareil au truc que parlait le 75 quand il pendait au bout de son fil le rose glissa un peu sur le vert et le vert sur mon p’tit chorte marron elle devait crier mon enfant mon petit pour faire chic devant le monde d’habitude elle dit le gamin mais moi je m’en balance une des dames de la queue dit encore des ploucs qui voulaient se rendre intéressants et que la bonne femme c’est-à-dire ma Maman on a volé mon petit je veux qu’on me rende mon enfant comme si je vous le demande on va enlever un gamin de plouc  je lui ai tiré une de ces langues vertes qu’elle m’a dit qu’est-ce que tu fiches ici c’est interdit aux mineurs de moins de dix-huit ans avec ma glace à trois francs que Lopez m’avait vendu cinq j’ai pris la taloche ma tête valdinguant sur un photo où qu’on voit un gros blond montrant son cul blanc à des danseuses maquillées comme des filles de mauvaise vie j’en perdais pas un goutte ça aide à enfiévrer mon imagination et le reste avec la main je n’en voyais plus la mer Papa Maman les maillots marqués CRS à côté de la queue qui avançait vers la caisse avec mes babines rosévertes et mon cornet maintenant vide j’étais vraiment ébaubi alors que venait de la salle toute proche des paroles bizarres que rien ne va plus noir impair et manque… je pensais bien que Maman devait être dans un de ses états elle s’affole pour un rien dix minutes de retard et le troupeau de vaches m’était passé sur le corps comme j’avais un peu mal au cœur et que la queue était rentrée dans le cinéma je cherchais la sortie quand j’entendis la sirène au milieu des rien ne va plus et de l’orchestre qui jouait l’air que chante Mireille Mathieu le matin sur Luxembourg qu’est la préférée de Papa et la jalousie de Maman l’ambulance passa en trombe et moi aussi à travers la porte en glace que j’avais pas vu parce qu’elle était en verre et pas teintée comme celle de la charcuterie chez nous baaaaoum ! que ça fit la tête la première  je me retrouvais sur le lac à dame les quatre fers en l’air et la tronche en compote le petit chien bondit sur sa propriétaire qu’était sur mon chemin ce qui la fit tomber comme un coing trop mûr en faisant splatch re-baoum en une seconde chrono les chutes les glaces les kaî kaî du médor les barrissements de la patronne la sirène de l’ambulance écrit à l’envers les braiments de ma mère les brames de Papa la sonnerie du téléphone dans la cabine publique le claquesonne du car qu’on aurait dû être dedans le ronron du monoplace dans le ciel traînant derrière lui un calicot pour les pellicules Kodak le directeur du Cas no qui se pointait y en a marre des attentats la caissière qui debout n’était pas aussi bien qu’assise et qui se lamentait le pauv’ garçon le pauvre petit pendant que je tournais de l’œil et même des deux haaa en même temps…

Quand je repris oui connaissance et conscience où ça ah dans l’ambulance qui sentait pouah qui sentait l’eau de toilette Splatch de Papa et les dessous de bras de ma Maman que j’avais le nez dessus la sueur des deux maillots marqués  CRS CRS quand je repris oui conscience dans le silence feutré de ce blanc corbillard qui mène parfois à un train d’enfer ponctué de sirènes au corbillard noir ce fut pour voir la pièce de monnaie que Papa me mettait sous le nez pour un autre glace promise entre les avantages de la mère que j’avais jamais vu de si près oh Maman ah Maman ne me quitte pas ton Jacques est revenu bobo là oh oui je sus à cette seconde que jamais non jamais je ne pourrais oublier ce voyage mon premier à la mer que papa trouvait si belle ainsi d’ailleurs que la mère qui oui toute nue dans son maillot de bain attendant près d’une grosse dame oh oui…

mais je donnerais volontiers toute cette infime portion de ma vie le voyage en car le mal au cœur la mère dans l’eau la grosse dame au chien le 75 dans la cabine les cinq francs de Papa les maillots marqués CRS la glace Lopez la caissière du cinéma du Cas no les images du dernier tango l’ambulance et même le reste rien que pour retrouver la Marina dans les glissades sur les meules de foin nos embrassades et autres pelotages hardis qui me manquent tellement aujourd’hui trente ans après rien n’a changé la mer est toujours là mais plus Maman ni Papa ah si le Cas no a retrouvé son i à l’extérieur le marchand de glaces s’appelle maintenant Garrido il n’y a plus de cabine téléphonique avec tous ces portables à l’oreille les dames sont moins grosses et les CRS ne sont plus en maillot les chiens sont plus petits quant à Marina…

 

©  Jacques Chesnel  (Miscellanées)

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Commentaires

La rencontre "Cesare Pavese et Bianca" du 2/04/08, ah, quel plaisir ! Merci

Ecrit par : Christiane | 01.03.2009

merci Christiane, il faut lire TOUT Pavese !

Ecrit par : chesnel jacques | 10.03.2009

Oui, j'ai commencé avec le Quarto Gallimard. C'est Angèle Paoli sur "Terres de femmes" qui m'a donné envie de découvrir cet immense écrivain. Comment ai-je pu passer sans avoir lu aucun de ses livres, tant d'années. Alors maintenant je prends le temps de lire lentement, comme on aime le faire quand les activités professionnelles n'étant plus, tout devient paisible : ouvrir un livre, le lire, se promener, regarder les autres, écouter, les écouter, parler avec ses petits-enfants, avec ses amis, accompagner ceux qui habitent l'autre côté du monde : les prisons, les hôpitaux, la misère et devenir ce qu'on s'était préparé à être : libres, insoumis sauf devant une douleur.
Et Puis Pavese, il avance si tranquillement vers la mort comme un promeneur tellement enchanté de la respiration de la vie, de la mer et des parfums du soir et des souvenirs.
Je relis ce beau texte et cela me rend heureuse.
Bonne soirée

Ecrit par : Christiane | 10.03.2009

christiane, pour info lisez le papier de mon confrère Nicolas Cavaillès à propos du Quarto sur le site où nous collaborons:
http://sitartmaglesite.hautetfort.com/archive/2008/12/31/le-romancier-descendu-des-collines.html#more
j'apprécie vos commentaires; depuis la mort de mon épouse, je ne peins plus, par contre j'écris beaucoup (des novelettes) et collabore à quelques sites culturels surtout pour le jazz dont je crois être spécialiste depuis 50 ans
pour ma peinture: www.jazz-chesnel.com (jazz & peinture)
très cordialement

Ecrit par : chesnel jacques | 13.03.2009

Merci, je vais aller voir tout cela.
Mes commentaires ? J'écris quand j'ai quelque chose à dire, sinon, je lis, là et ailleurs. Les autres m'intéressent vraiment. J'aime ces écritures incroyables sur quelques blogs auxquels je suis fidèle. Très peu de blogs car il me faut du temps différent ailleurs que sur internet pour comprendre. La vie m'étonne, les êtres que je côtoie m'étonnent. L'écriture des autres m'aide à explorer, à réfléchir.
Il n'y a que 10 mois que je pianote sur internet. Ce qui me plaît le plus ? Une forme d'écriture que je n'avais jamais rencontrée. Parfois elle me gêne (offerte ainsi à des millions de regards inconnus), parfois, j'oublie la présence des autres et je redeviens lectrice.
Les commentaires, sur certains blogs, je ne les comprends pas. C'est un jeu de passions qui transforment les lecteurs en gladiateurs et tous les coups sont permis. Bizarre...
Ce que j'aime le plus c'est quand ils me donnent envie de lire un nouveau livre.
Parfois, j'entre dans une librairie et tous ces livres ça m'angoisse, je n'ose même plus les approcher. C'est comme si, soudain, le monde était envahi par les mots imprimés et ça me donne le tournis. Alors, il m'arrive de sortir très vite et de dissoudre les mots en moi, pour éveiller un rapport immédiat aux choses, sans paroles...
Voilà.
J'avais aimé ce dialogue qui explorait les non-dits de ces deux-là. Parfois on voudrait savoir ce qui se passe dans la tête de l'autre, parfois on est heureux de ne pas savoir...
Ce texte, là, juste au-dessus, ça me rappelle des souvenirs d'enfance sur les plages du dimanche. Oui, je revois les mollets des messieurs qui marchaient sur les plages, pantalons retroussés et ces femmes opulentes et mal à l'aise dans ces nudités inhabituelles, ne sachant comment se tenir et comment rendre leur oisiveté utile. Les gosses ? Nous avions des maillots de bain en laine tricotée et ça grattait quand ils étaient mouillés ! et ces tartines craquantes de sable que nous dévorions, assis sur un coin de serviette, frissonnants du dernier bain, sous l'oeil inquiet de nos mères... Nostalgie...
Amitiés

Ecrit par : Christiane | 13.03.2009

nostalgie ?... j'essaie de ne pas me retourner, cela fait trop mal le plus souvent, je préfère regarder devant grâce à mes deux petite-filles (9 ans et 6 mois)... quant à votre plume, je me demande si vous ne devriez pas ouvrir un blog pour vous lâcher comme on dit maintenant... je lis et relis beaucoup, un ou deux romans par semaine, de la littérature anglo-saxonne ou ibérique contemporaine... si vous le permettez, je vous conseille le dernier Jonathan Coe : LA PLUIE AVANT QU'ELLE TOMBE... et toujours Faulkner et Cortazar mes écrivains les plus favoris... @ plus amicalement

Ecrit par : chesnel jacques | 20.03.2009

J'ai beaucoup aimé "La pluie avant qu'elle ne tombe"... ça c'est un bon moment de lecture qu'on retient jusqu'à ce qu'on n'en puisse plus de ne pas dévorer la suite du livre.
Un blog ?
Si je n'ai pas l'autre en face, bien concret je n'ai pas l'encre facile. C'est plutôt "guerre des tranchées " avec l'écriture et il me faut mille ruses pour protéger mes mots de l'auto destruction.
Merci de votre amical regard

Ecrit par : Christiane | 20.03.2009

en ce qui concerne le titre du livre de Jonathan Coe en anglais: THE RAIN BEFORE IT FALLS traduction LA PLUIE, AVANT QU'ELLE TOMBE par Gallimard...complexité de la langue française ???... je viens de terminer le dernier Ian McEwan SUR LA PLAGE DE CHESIL, très bon également plutôt terrifiant sur l'Angleterre des seventies...
vous écrivez :" si je n'ai pas l'autre en face, bien concret je n'ai pas l'encre facile"... je me pose et vous pose cette question: et si nous faisions l'essai d'écriture d'un texte à deux claviers, exemple: vous commencez, je poursuis (ou l'inverse) et vogue la galère sans "guerre de tranchées"... pourquoi ne pas essayer ; qu'en pensez-vous ?
à bientôt bien à vous
J.Ch.

Ecrit par : chesnel jacques | 22.03.2009

Que vous répondre Jacques ? Je crains que vous soyez déçu. Il se peut que votre texte ne m'inspire pas du tout où que les quelques mots que j'y ajoute vous soient inhospitaliers. J'ai parfois l'écriture rebelle et sombre, chaotique, méchante, bouffant l'encre et les mots, trouvant futiles les sans gravité. Elle m'échappe, me nargue et c'est comme cela que je l'aime. Mon écriture en a marre de l'écriture, le coeur des mots est barbouillé, il a la gueule de bois et peut n'être guère décoratif. C'est ça que vous voulez accrocher à l'"ancre" de vos mots ? Si vraiment vous voulez faire un bout de route , attendez-vous à ce que je vous fausse compagnie, ça sera très tentant, échapper, échapper, échapper...
Peut-être à l'entre-mots mais je vous aurai averti !
amicalement

Ecrit par : Christiane | 22.03.2009

Que vous répondre Christiane ? j'aime prendre des risques et à mon âge je ne crains plus rien ou presque ; j'écris pour combattre le temps, de fort différentes façons, pour me sentir encore vivant et ne pas finir affalé sur le canapé du salon en regardant cette télé de merde (heureusement j'ai plein de DVD de Woody Allen et d'Orson Welles, hier j'ai regardé "Citizen Kane" pour la je ne sais plus combien de fois, plus de 30) ; en ce qui concerne ma proposition : je comprends vos réserves, la balle, si j'ose dire, est dans votre camp et un homme averti en vaut deux ; cependant, ce serait dommage que la compagnie soit fausse ou faussée, mais...
Donc, on en reste là (regrets) et j'aurais toujours du plaisir à lire vos commentaires...
amicalement
J.Ch.

Ecrit par : chesnel jacques | 23.03.2009

mais non, Jacques, allez-y mais prenez le risque d'une réponse bizarre, c'est cela que je voulais dire ! Vous voyez, les mots, c'est un panier de crabes ! vous plongez la main et ils vous pincent ! Alors écrivez et on verra bien ce que ces mots éveillent en moi...
Parole de crabe !

Ecrit par : Christiane | 23.03.2009

bon, cher crabe, essayons donc, je ne crains pas vos pincent mais plutôt votre "barbouille des mots" et votre "marre de l'écriture", "la guerre de tranchées" moi qui suis pacifiste... alors ???
admettons un essai ; pour cela il faut trouver un moyen, on ne peut pas le faire par l'intermédiaire de ce blog qui n'est pas fait pour cela ; on pourrait envisager par mail, imprimé et renvoi pour suite ; vous avez l'air d'avoir envie que JE commence, OK, ce serait après les vacances de Pâques que je passe à London chez ma fille ; avouerais-je néanmoins que vos précédents posts m'intriguent, à quoi qui dois-je m'attendre ? je n'aime guère abandonner (ou à en être abandonner) en chemin et pourtant je suis tenté.
amicalement
le jeteur d'ancre

Ecrit par : chesnel jacques | 23.03.2009

Pas de problème le jeteur d'ancre ! Bon séjour chez votre fille et laissons les mots décider de leur durée... On verra... Vous ayant annoncé le pire avant, le mieux devrait suivre !
bien amicalement
Christiane

Ecrit par : Christiane | 23.03.2009

attendez attendez, je ne suis pas encore parti... je vais commencer sérieusement à étudier la faisabilité : donc par mail en document attaché, cela me semble le plus simple
pas de règles établies pour la forme ni la longueur ni de "sujets" à éviter...
j'ai à la fois envie et retenue de commencer, mais ça vient, doucettement.
j'attends votre adresse e-mail; voici la mienne: jacques@jazz-chesnel.com
je pars le 2; le premier est trop poisonneux !
amitiés
Jacques

Ecrit par : chesnel jacques | 23.03.2009

Quand même, cher Jacques, relisant vos propos je les trouve contradictoires. Ce projet d'écriture n'a rien à voir avec l'ouverture d'un blog, avec une parole lancée sur la toile puisqu'elle ne peut se faire, à vous lire, que dans la sphère privée des courriers électroniques. Donc vous me ramenez à ma première intuition : ce que j'écris ne peut se lire sur la toile quelque soit l'évolution de ce projet d'écriture...

Ecrit par : Christiane | 24.03.2009

Christiane, je suis débordé en ce moment: recherche de doc et photos pour une vente à Drouot, frère à l'hosto en phase terminale, je cours partout. Juste un mot : propos contradictoires = propositions contradictoires ; d'accord pour votre première intuition, no problem, donc échanges par courriel. Affaire à suivre prochainement... @ +

Ecrit par : chesnel jacques | 25.03.2009

qu'est-ce que tous ces mots face à une vie qui s'en va... Pensée pour votre frère...
amitiés

Ecrit par : Christiane | 25.03.2009

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